Les critères à examiner
Séparer les espaces clients
Cartographiez les comptes avant de choisir : certains clients doivent conserver leur propre espace, tandis que d’autres délèguent toute l’exécution à l’agence. Demandez si les audiences, modèles, expéditeurs et statistiques sont isolés, et si l’équipe peut changer de contexte sans risque. Faites un essai avec deux comptes fictifs pour repérer les éléments partagés. Le cloisonnement doit aussi couvrir les exports, les clés d’accès et les personnes autorisées à télécharger les contacts.
Organiser droits et validations
Listez les rôles réels : rédaction, intégration, contrôle, validation client et programmation. Vérifiez si l’outil distingue ces actions, conserve un historique des changements et permet de retirer rapidement un accès lors d’un départ. Une validation dans un courriel ou un outil de projet ne bloque pas forcément l’envoi dans la plateforme. Établissez donc un circuit explicite avec un responsable final et une vérification du nom d’expéditeur avant chaque campagne.
Préparer une passation propre
Prévoyez dès le début comment le client récupérera les listes, formulaires, modèles, automatisations et historiques si la mission s’arrête. Vérifiez les formats d’export et les conditions de transfert du compte, puis documentez les domaines d’envoi et les accès détenus par l’agence. Un modèle duplicable accélère la mise en route d’un autre client, mais ne doit jamais transporter par erreur un logo, un segment ou un lien propre au précédent.
Produire un bilan par client
Le bilan doit répondre au contrat : campagnes envoyées, clics pertinents, désinscriptions, incidents et prochaines décisions. Vérifiez si les rapports peuvent être filtrés et exportés par espace, période et campagne, puis décidez qui peut les partager. Les ouvertures ne suffisent pas à établir une vente attribuable ; reliez les indicateurs à l’objectif convenu et expliquez les limites de mesure. Évitez de mélanger dans un même rapport les résultats de clients différents.
Vérifier consentement et données
Pour chaque client, consignez la provenance des contacts, la finalité annoncée et le statut de consentement ou d’opposition. En prospection B2C, le consentement préalable est la règle ; en B2B, informez les personnes et permettez leur opposition. L’exception des produits ou services analogues concerne certains clients existants et impose une opposition dans chaque courriel. Vérifiez avec le DPO ou le conseil les responsabilités de sous-traitance, les durées de conservation et les paramètres de chaque formulaire.
Contrôler flux et calendrier
Une agence généraliste jongle entre les dates de validation du client, ses temps forts commerciaux et sa propre communication. Cartographiez les formulaires, CRM, outils de facturation et tableaux de projet déjà utilisés, puis vérifiez s’il existe un connecteur natif, un lien Zapier/Make ou seulement un export CSV. Contrôlez les doublons et les désinscriptions lors des synchronisations. Pour le calendrier, prévoyez les soldes, la rentrée, les fêtes et les périodes de congés sans programmer avant validation du client.
Questions frequentes
Faut-il un compte distinct pour chaque client de l’agence ?
Cela dépend de la propriété et du niveau de délégation prévu. Un compte au nom du client facilite sa continuité et sa reprise en fin de mission ; un espace géré par l’agence peut simplifier l’exécution, mais exige des droits cloisonnés et une procédure de transfert écrite. Avant de trancher, demandez qui contrôle le domaine d’envoi, les données et la facturation. Faites valider ce choix dans le contrat de prestation et vérifiez qu’un départ d’équipe ne bloque pas le client.
Comment facturer l’emailing à plusieurs clients ?
Séparez dans votre devis le travail de conseil et de production, les frais de plateforme et les éventuels frais liés aux envois ou aux contacts. Précisez qui paie directement le fournisseur et qui assume les variations lorsque la liste augmente. Si l’agence refacture un abonnement, décrivez la base de calcul et la manière dont le client peut reprendre son compte. Cette transparence évite de découvrir au renouvellement qu’une audience ancienne entraîne un palier plus coûteux.
Que prévoir dans le contrat de sous-traitance RGPD ?
Quand l’agence traite des données pour le compte du client, les responsabilités et instructions doivent être cadrées dans les conditions de sous-traitance prévues par le RGPD, notamment son article 28. Décrivez les opérations confiées, les personnes autorisées, l’assistance en cas de demande ou d’incident, et le sort des données à la fin de la mission. Demandez aussi au fournisseur d’emailing les informations contractuelles utiles et l’emplacement des données ; faites examiner les clauses par votre DPO ou conseil.
Comment faire valider une campagne avant son envoi ?
Remettez au client une version datée qui rassemble l’objet, le pré-en-tête, le contenu, les liens, les segments visés et l’heure d’envoi. Désignez un validateur habilité et consignez son accord dans un canal que l’équipe peut retrouver. Dans l’outil, limitez la programmation aux personnes chargées du contrôle final. Pour les campagnes urgentes, prévoyez un délai de retour et une règle d’annulation : l’absence de réponse ne doit pas être interprétée comme un feu vert implicite.
Peut-on réutiliser un modèle d’un client à l’autre ?
Réutilisez la structure technique, comme les blocs de pied de page ou les modules de mise en page, seulement si les droits et les conditions du client le permettent. Créez ensuite une copie propre : identité visuelle, mentions, coordonnées, liens et textes doivent être remplacés puis vérifiés. Contrôlez aussi les images hébergées et les paramètres de suivi, qui peuvent révéler l’ancien compte. Conservez une bibliothèque générique sans listes ni informations propres à un client, et documentez qui peut la modifier.
Comment éviter qu’une désinscription revienne après un import ?
Traitez la liste d’opposition comme une donnée opérationnelle à préserver, et pas comme un simple fichier temporaire. Avant chaque import, comparez les adresses avec les désinscriptions et oppositions déjà enregistrées dans l’espace du client. Testez aussi le comportement du formulaire et du lien de désinscription à un clic depuis un message reçu. Définissez qui peut importer des contacts et gardez une trace de la source du fichier. En cas de doute, suspendez l’envoi et demandez au client de confirmer la base légale.
Quels indicateurs présenter dans un rapport mensuel ?
Choisissez les chiffres en fonction de l’objectif annoncé : délivrés, clics vers les pages prévues, réponses ou inscriptions peuvent être plus utiles qu’une ouverture isolée. Ajoutez le nombre de désinscriptions et les incidents, puis expliquez ce qui a changé depuis le bilan précédent sans attribuer automatiquement toute vente à l’email. Le document doit indiquer la période, le segment et la campagne concernés. Convenez du format avec le client dès le démarrage afin que son équipe puisse retrouver les décisions prises.
Quelle place donner à la newsletter de l’agence ?
Traitez votre propre newsletter comme un compte client à part entière, avec son responsable, son calendrier et sa liste de diffusion dédiés. Ne recopiez pas les contacts confiés par les clients dans votre audience interne : une mission pour eux ne constitue pas une autorisation de prospection pour l’agence. Établissez un objectif éditorial réaliste, par exemple partager vos analyses ou annoncer un événement, et appliquez les mêmes contrôles de consentement, de désinscription et de validation que pour toute autre campagne.
Qui doit gérer le domaine d’envoi du client ?
Le client devrait garder la maîtrise du domaine qui représente sa marque, même si l’agence coordonne la configuration avec ses équipes techniques. Avant la première campagne, identifiez la personne autorisée à publier les enregistrements d’authentification et conservez la documentation utile dans l’espace partagé du projet. N’envoyez pas depuis une adresse personnelle ni depuis un domaine détenu par l’agence sans décision claire. En fin de contrat, vérifiez que les accès et la documentation restent disponibles au client.
Comment préparer la fin d’un contrat d’emailing ?
Inscrivez au calendrier contractuel une revue de sortie avec le client. Listez les accès à transférer ou fermer, les audiences à restituer, les modèles à remettre et les automatisations dont le fonctionnement doit être expliqué. Confirmez la suppression ou la conservation des données selon les instructions et engagements applicables, puis gardez une trace de la remise. Vérifiez que les formulaires du site et les liens dans les campagnes ne pointent plus vers des ressources de l’agence. Une passation documentée évite une interruption des envois.